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Une solution pour équiper de prothèses un plus grand nombre de patients


Programme d’impression 3D de prothèses pour membre supérieur

En 2016, La Fondation Médecins Sans Frontières a fait le pari de la technologie 3D pour tenter de résoudre le problème de l’accès aux prothèses dans le monde. C’est un enjeu majeur pour que les personnes amputées puissent retrouver leur intégrité physique et de l’autonomie. Actuellement l’équipe projet cherche à vérifier que l’impression 3D de prothèses est une solution adaptée au terrain, plus rapide et moins onéreuse que la méthode traditionnelle de fabrication des prothèses.

 
En collaboration active avec cinq patients-collaborateurs, l’équipe projet suit une approche individualisée. Ils testent aujourd’hui l’impression 3D de prothèses durables et plus légères dites cosmétiques et passives mises à l’échelle par rapport au reste du corps et de la même couleur que la peau de chaque patient. A terme, des prothèses actives permettront à chacun d’eux de réaliser certaines actions comme cuisiner, conduire ou encore utiliser un outil en fonction de leurs besoins spécifiques. 

Environ 40 millions de personnes amputées
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Souvent victimes de conflits, il y aurait dans le monde 40 millions de personnes amputées dont seulement 5% bénéficieraient d'une prothèse. 

Prothèse pour membre supérieur
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Peu d'organisations fournissent des prothèses de membre supérieur dans le monde. La Fondation Médecins Sans Frontières a donc décidé de se concentrer dans un premier temps sur cette population de personnes amputées.

Mobilité
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Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la mobilité ne dépend pas uniquement des membres inférieurs. Dans la conduite ou l’utilisation de béquilles, ce sont les membres supérieurs qui interviennent. 

Intégrité physique
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Tous les patients interrogés attendent en premier lieu de récupérer leur intégrité physique.

Coût du projet en 2017 : 150 000 € 

Les six étapes clés de la conception des prothèses 3D :

 

/ 1 Un bilan clinique individualisé est réalisé pour déterminer les besoins et les attentes du patient.

 

/ 2 Le scanner est utilisé pour faire une image 3D de la surface du moignon.

 

/ 3 Un logiciel de modélisation permet de concevoir l’emboîture* et la prothèse.

 

/ 4 L’impression 3D s’opère par superposition de couches de plastique ou autre matériel.

 

/ 5 Des tests sont effectués pour vérifier l’ajustement de la prothèse et opérer d’éventuelles modifications.

 

/ 6 Une évaluation de la prothèse et de ses bénéfices est réalisée après trois mois d’utilisation. 


* Emboîture : interface entre le moignon du patient et la prothèse.

L’équipe 2018 2017 2016
2016
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Capitaliser sur les initiatives existantes

En novembre et décembre 2016, l'équipe projet part aux USA rencontrer des universitaires, des start-up et des associations afin de capitaliser sur les initiatives déjà entreprises dans le domaine de la 3D et du handicap. 

2017
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Des patients-collaborateurs

Jordaniens, enfants, réfugiés syriens, palestiniens, irakiens ou yéménites, blessés de guerre, victimes d’un accident domestique, cinq patients sont identifiés. Ils sont de véritables collaborateurs qui participent volontairement au projet. Très impliqués, ils s’attacheront à donner un retour précis sur leurs besoins et sur leur expérience de la prothèse notamment en termes de confort et d'utilisation au quotidien.      

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Une approche individualisée 

A partir d'avril 2017, l’équipe réalise des entretiens cliniques très complets avec chaque patient pour étudier leurs besoins spécifiques. L'objectif de cette approche totalement individualisée est de qualifier précisément les bénéfices attendus et de pouvoir choisir l’appareillage le plus adapté au patient : une prothèse passive esthétique avec différents outils ou une prothèse active avec un mouvement de fermeture du pouce par un système de câble. 

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Scan et impression 3D 

L’équipe projet teste actuellement différents logiciels de modélisation et d’impression 3D. En collaboration étroite avec les patients, elle s’attache notamment à comparer des emboîtures qu’elle fabrique traditionnellement et des emboîtures qu’elle imprime en 3D au FabLab d’Irbid. 

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Des prothèses de la couleur de la peau 

Les prothèses fabriquées par l’équipe sont actuellement peintes à l’acrylique avec l’aide du patient pour déterminer le bon pigment. D’autres solutions sont également en cours d’exploration.

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Autres champs d'application

L’exploration de la technologie 3D a permis d’entrevoir d’autres champs d’application dans le domaine de la chirurgie réparatrice comme l’impression 3D de masques pour des patients brûlés et l’impression 3D de replicats anatomiques pour des simulations en phase pré-opératoire. 

2018
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Des solutions au service du terrain

Prometteuses, ces recherches sur la technologie 3D nécessitent encore d'avantage de temps et d’investissement avant de pouvoir être déployées et servir sur les différents terrains d’actions d’MSF.

L’équipe

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Pierre Moreau

Physiothérapeute
Diplômé de kinésithérapie et titulaire d'un Master en ingénierie de la rééducation, Pierre travaille pour MSF depuis 2015. Après une mission en Ukraine puis en Haïti, il rejoint le projet Prothèse 3D en Novembre 2016 et arrive à Amman en Février 2017. 

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Safa Herfat

Ingénieur biomédical
Titulaire d’un Doctorat en ingénierie biomédicale, Safa est professeur assistant au département de chirurgie orthopédique de University of Califormia. Il travaille dans le programme de chirurgie reconstructrice à Amman en Jordanie et il est le coordinateur technique du projet Prothèse 3D.

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Hatim Masadeh

Orthoprothésiste
Habitué à la manufacture classique de prothèses, Hatim est particulièrement intéressé par le projet Prothèse 3D qui lui permet d’appréhender une méthode de confection innovante.

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